• VIOLON : UNE DISCOTHEQUE IDEALE

    Je critique assez souvent les “majors” du disque pour ne pas saluer haut et fort un coffret de 12 CD qui risque de passer complètement inaperçu au milieu de tas d’autres du même genre.

    Une “compil”, un “best of” de plus? Oui, mais pour une fois les deux titres français et anglais de couverture sont absolument justifiés : VIOLON LA DISCOTHEQUE IDEALE / VIOLIN THE PERFECT COLLECTION. 

    Un conseil, amis lecteurs, précipitez-vous sur ce coffret SONY à moins de 20 € si vous êtes en France (ou commandez le par correspondance) : ici pas de plage écourtée, pas d’oeuvre mal saucissonnée, des concertos, des sonates dans leur intégralité (ou dans des extraits joués par les plus grands en tant que tels). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur de cette compilation ne s’est pas moqué de nous, et a sélectionné la crème de la crème, et pas les fonds de tiroir comme souvent, des catalogues CBS, RCA, BMG, Deutsche Harmonia Mundi, etc.

    La seule liste des violonistes sélectionnés est impressionnante, les versions mythiques côtoient des références beaucoup plus récentes. De Bach et Haendel à Chostakovitch etKhatchaturian, le répertoire est vaste. Qu’on en juge :

    CD 1 BACH Chaconne de la partita n°2 (Kuijken), concerto la m (Kuijken, Petite Bande) + VIVALDI concerto RV 273 (Carmignola), Eté et Hiver des Quatre saisons (Accardo), concerto 4 vl. RV 580 (Mintz, Shaham, Vengerov, Schreuer)

    CD 2 HAENDEL Sonate HWV 373 (Gitlis) + MOZART, Rondo K 373 et Adagio K 261 (Suk), concerto n°3 (Kavakos, camerata Salzbourg) + HAENDEL/HALVORSEN Passacaille (Oleg)

    CD 3 BEETHOVEN Concerto (Tetzlaff, Zinman, Tonhalle Zurich), Sonate vl.piano n°5 “Le printemps” (Zukerman, Neikrug)

    CD 4 MENDELSSOHN Concerto (Takezawa, Flor, Bamberg) + TCHAIKOVSKI Concerto (Francescatti, Bernstein, New York), Souvenir d’un lieu cher (Bell, Tilson Thomas, Berlin)

    CD 5 BRAHMS Concerto (Heifetz, Reiner, Chicago), sonate n°2 (Szeryng, Rubinstein), sonate n°3 (Milstein, Horowitz)

    CD 6 FRANCK Sonate + FAURÉ Sonate n°1 (Korcia, Luisada) + POULENC Sonate (Blacher, Le Sage)

    CD 7 SIBELIUS Concerto (Kremer, Rojdestvenski, Londres) + LALO Symphonie espagnole (Stern, Ormandy, Philadelphie) + DEBUSSY Sonate (Friedman, Previn)

    CD 8 PAGANINI Concerto n°1 (Ughi, Santa Cecilia) + SAINT-SAENS Concerto n°3 (Rachlin, Mehta, Israël) + DVORAK Romance (Perlman, Leinsdorf, Boston)

    CD 9 BLOCH Nigun (Korcia, Pludermacher) + PROKOFIEV Concerto n°2 (Znaider, Jansons, Radio bavaroise) + CHOSTAKOVITCH Concerto n°1 (Oistrakh, Mitropoulos, New York)

    CD 10 BRUCH Concerto n°1 (Midori, Jansons, Berlin) + BARBER Concerto (Hahn, Wolff, St Paul) + RAVEL Sonate (Skride) + RAVEL Tzigane (Perlman, Previn, Londres)

    CD 11 CHAMINADE Sérénade espagnole (Gitlis) + CHAUSSON Poème (Friedman, Sargent, Londres) + MASSENET Méditation de Thaïs (Spivakov) + BUSONI Sonate n°2 (Zimmermann, Pace) + TARTINI Le trille du diable (Szeryng, Reiner) + KREISLER Liebesleid (Kreisler)

    CD 12 KHATCHATURIAN Concerto (Kogan, Monteux, Boston) + BARTOK Concerto n°2 (Menuhin, Dorati, Dallas)

  • LA SYMPHONIE "PATHETIQUE"

    À l'occasion de la sortie en DVD du film-culte de Ken Russell, Music Lovers (La Symphonie pathétique) - voir http://rousseaumusique.blog.com/2013/09/21/pathetique/ - j'ai promis de faire un point sur la discographie surabondante de la 6e symphonie "Pathétique" de Tchaikovski.

    Dans l'ordre de mes préférences, qui ne sont pas forcément des références, mais des versions qui vont jusqu'au bout de leur propos.

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    Comme dans certaines de ses symphonies de Mahler (édition DGG), Bernstein, à quelques mois de sa mort, livre avec le New York Philharmonic (qu'il retrouve trente ans après une première version - 1958 - parue chez Sony), une version extrême, crépusculaire, désespérée. 

    En contraste absolu, une vision tout aussi suffocante et légendaire, celle de Mravinsky, captée à Londres en 1960 avec son Orchestre philharmonique de Leningrad (Deutsche Grammophon)                 

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    Tchaikovski a toujours réussi à Karajan - plusieurs versions chez EMI et DGG -, mais j'ai une tendresse particulière pour la toute dernière version, le vieux chef perclus de douleur avec des Wiener Philharmoniker qu'il laisse chanter éperdument, librement. Version heureusement incluse dans le gros coffret "symphonique" de l'orchestre viennois, mais que DGG serait bien inspiré de rééditer séparément.

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    Ensuite, des couples chefs-orchestres rarement cités comme des références et qui réservent bien des (bonnes) surprises. Quand les CD sont devenus difficiles à trouver, on trouve ces versions aisément sur les sites de téléchargement.

    Jean Martinon et le Philharmonique de Vienne

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    L'une des pépites de l'indispensable coffret EMI/Icon consacré au grand Constantin Silvestri est une "Pathétique" fiévreuse avec un Philharmonia des grands jours :

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    Mariss Jansons reste - pour l'ensemble des symphonies - une référence qui n'a pas pris une ride chez Chandos avec l'orchestre philharmonique d'Oslo

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    De manière incompréhensible, les magnifiques trois dernières symphonies de Tchaikovski, gravées par Claudio Abbado dans les années 70 avec les inimitables Wiener Philharmoniker ont été oubliées du récent coffret édité pour les 80 ans du chef italien (Claudio Abbado Symphony Edition). Cette "Pathétique" viennoise est, à mes oreilles, de loin préférable à la version ultérieure avec Chicago (Sony)

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    Les chefs français (outre Martinon), comme Monteux ou Munch valent plus qu'une oreille attentive. Visions moins tragiques, éplorées que les Russes ou Bernstein, mais bénéficiant des timbres somptueux et transparents de l'orchestre symphonique de Boston de la fin des années 50.

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    La réédition en collection économique de la belle version poétique de Vladimir Ashkenazy avec le Philharmonia est une aubaine.

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    On ne m'en voudra pas si je ne donne aucun autre Russe dans ce palmarès (Dieu sait si pourtant j'admire les Svetlanov, Rojdestvenski, mais ici je n'accroche pas).

    La palme de l'austérité - et du coup d'une poésie qui vient de l'absence totale d'effet - revient à Fritz Reiner et à son glorieux orchestre symphonique de Chicago :

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