• FLAMBOYANT MURARO

    Pour cause de nouvelle interruption de mon blog (jeanpierrerousseau.blog.com), c'est ici que je veux rendre hommage à l'un de ces artistes authentiques, qui fait honneur à la musique et aux compositeurs qu'il sert : Roger MURARO.

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    Le pianiste français ouvrait hier soir, à Liège, le festival WAGNER 200, avec un récital aux dimensions... wagnériennes ! Après une première partie qui en aurait épuisé plus d'un autre (Les transcriptions de Liszt du choeur des fileuses du Vaisseau fantôme et de la Mort d'Isolde de WAGNER, les Valses nobles et sentimentales et La Valse de RAVEL !), Roger Muraro enchaînait avec la redoutable et fameuse transcription de LISZT de la Symphonie fantastique de Berlioz.

    La performance est athlétique en soi, mais sous les doigts de Roger Muraro, la poésie ne perd jamais ses droits, la virtuosité n'est jamais tape-à-l'oeil, le piano ondoie, flamboie... A-t-on jamais entendu plus sensuelle et libre Valse de Ravel au piano ? Plus somptueuse restitution des parures orchestrales de Berlioz sur un clavier ?

    Heureusement le souvenir de cette soirée magique peut se prolonger au disque : 

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  • LE VIOLON DE TEDI PAPAVRAMI

     

    Mon blog jeanpierrerousseau.blog.com étant soit bloqué, soit difficilement accessible, je vais écrire ici le billet que je voulais donner sur ma rencontre d'hier soir. 

    Tedi PAPAVRAMI est un musicien, un interprète, une personnalité que j'admire depuis longtemps, je peux dire sans craindre de galvauder le mot que c'est un ami. Et j'ai eu un vrai plaisir à partager un dîner avec lui, à l'occasion de son passage à Liège, pour l'enregistrement d'une pièce concertante de Gouvy avec l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège et Christian Arming.

    Tedi a eu l'excellente idée de raconter son parcours d'enfant prodige né dans l'Albanie totalitaire d'Enver Hodja, propulsé à 11 ans sur les plateaux de télévision (je me rappelle très bien sa première prestation dans Le Grand Echiquier de Jacques Chancel). Il aurait pu ne pas survivre artistiquement à cette soudaine célébrité, il a, au contraire, cultivé l'exigence musicale la plus élevée, construit patiemment sa vie d'homme et d'artiste. C'est ce que révèle ce livre, à libre absolument.

    Présentation de l'éditeur :

    "Dans les années 1970, alors que l'Albanie s enfonce dans l isolement et la répression sous le joug de son dictateur Enver Hoxha, Tedi Papavrami grandit, entouré de son père Robert, violon solo de l orchestre de l'opéra de Tirana et brillant professeur de violon au conservatoire, et de sa mère, programmatrice musicale à la radio d État. Dans leur maison épargnée par le découpage communautaire, Tedi est aussi entouré de l'affection de sa grand-mère et de son grand-père, Dodo, médecin à la retraite qu'il admire. Malgré son exigence démesurée et son peu de foi en son fils unique trop gâté, Robert Papavrami découvre chez Tedi des prédispositions tout à fait exceptionnelles pour le violon dès l âge de quatre ans. L enfant un peu paresseux ne cesse de chercher des subterfuges pour ne pas travailler, mais sous la férule intransigeante et intraitable de son père, il va développer techniquement et artistiquement ses dons. À huit ans seulement, il se produit en concert avec l'orchestre philharmonique de Tirana et sa virtuosité hors du commun, sa vélocité fulgurante sont remarquées. Un flûtiste français, Alain Marion, conquis par ce jeune prodige, obtient pour lui une bourse en France où il débarque à l'âge de onze ans, à la fois effrayé et émerveillé par cet « autre monde » qui lui avait toujours paru inaccessible. Sous la direction du grand violoniste Pierre Amoyal, Tedi prépare le concours d'entrée au Conservatoire national supérieur de musique de Paris qu'il réussit brillamment. Son père, venu l'accompagner quelques mois, doit cependant repartir au pays. Tedi reste alors seul, livré à lui-même, cantonné dans un appartement lugubre de l'ambassade, entouré d un personnel froid et hostile. Pour ne pas succomber à la détresse d une telle situation, il va se plonger corps et âme dans la pratique de la musique et dans la lecture. À la fin de ses études, désireux de continuer une carrière prometteuse qui serait compromise par un retour en Albanie, Tedi et ses parents qui l'ont rejoint à Paris demandent l'asile politique. Leur famille restée en Albanie va payer leur liberté d un prix très lourd : ses grands-parents et la famille de sa mère sont déportés et internés jusqu à la chute du régime, en 1991. De retour en Albanie pour une tournée deux ans plus tard, Tedi y reverra son grand-père avant sa disparition."

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    En même temps que ce récit paraît, Outhere a eu l'excellente idée de proposer en coffret les très beaux enregistrements parus depuis une dizaine d'années sous le label Aeon d'oeuvres pour violon seul, un répertoire exigeant, où Tedi Papavrami tutoie les cimes : Bach, Bartok, Paganini...

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  • LE ROI GEORGE

    Pour le moment en importation, bientôt on l'espère disponible partout en Europe, une presque intégrale des enregistrements du chef légendaire de l'orchestre de Cleveland, George Szell chez SONY.

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    Il s'agit ici de tous les enregistrements symphoniques réalisés ou parus sous label CBS devenu SONY. Pourquoi n'y a-t-on pas joint les quelques enregistrements de concertos - Szell était plutôt parcimonieux de ce point de vue - avec Casadesus, Serkin, Stern ? Mystère, cela n'aurait pas alourdi ce coffret compact de 49 CD.

    Travail de réédition particulièrement soigné, avec même l'impression très nette d'un "remastering" des plus anciennes prises.

    On y retrouve sans surprise les Symphonies de Beethoven, de Brahms, de Schumann, qui ne sourient guère, mais d'une qualité orchestrale irréprochable. Une rigueur tout aussi remarquée - et appréciée - dans un bouquet de symphonies de Haydn et de Mozart, symphonies 7 à 9 de Dvorak, symphonies 8 et 9 de Schubert, une aérienne suite du Songe d'une nuit d'été et une virtuose Symphonie n°4 de Mendelssohn. Bartok - concerto pour orchestre - Janacek - Sinfonietta - plus inattendues une 6e symphonie de Mahler d'une noirceur absolue, de Bruckner, les 3e, 7e (live de Salzbourg) et 8e symphonies, une sélection de valses de Strauss qui file droit, un poétique Don Quichotte (merveilleux archet de Pierre Fournier) et une belle série toute de grandeur des principaux poèmes symphoniques de Richard Strauss, une rare 5e de Tchaikovski et surtout les "live" des ultimes concerts de George Szell à Tokyo, quelques mois avant sa mort, au printemps 1970 : une 40ème symphonie de Mozart, une 2e symphonie de Sibelius chauffée à blanc.

    L'art incomparable d'un des très grands du XXème siècle !