• VIVA VERDI

    Pareille aubaine ne se produit que très rarement : deux bicentenaires à célébrer en cette année 2013. Et pas des moindres, puisque les deux géants de l'Opéra romantique, WAGNER et VERDI, sont nés en 1813.

    Wagner a pris une petite longueur d'avance en matière de rééditions discographiques, on y reviendra. Pour Verdi, c'est incontestablement EMI qui se place d'emblée en tête avec un très compact coffret de 35 CD (pour 60 € !) où ne figurent pratiquement que des références majeures, sinon absolues.

    On remarquera la prééminence de Muti - et ce n'est que justice ! - qui me paraît, dans chacun des ouvrages qu'il a dirigés et enregistrés, toujours très supérieur à ses concurrents (comme Abbado).

    CD 1-2 NABUCCO / Muti, Philharmonia, Scotto, Lucchetti, Manuguerra, Obraztsova, Ghiaurov (1978)

    CD 3-4 ERNANI / Muti, Scala, Freni, Domingo, Bruson, Ghiaurov (1982)

    CD 5-6 GIOVANNA D'ARCO / Levine, London Symphony, Caballé, Domingo, Milnes (1972)

    CD 7-8 ATTILA / Muti, Scala, Ramey, Studer, Shicoff, Zancanaro (1989)

    CD 9-10 MACBETH / Muti, New Philharmonia, Milnes, Cossotto, Raimondi, Carreras (1976)

    CD 11-12 RIGOLETTO / Serafin, Scala, Callas, Gobbi, di Stefano, Zaccaria (1956)

    CD 13-14 IL TROVATORE / Pappano, London Symphony, Alagna, Gheorghiu, Hampson, Diadkova, d'Arcangelo (2001)

    CD 15-16 LA TRAVIATA / Muti, Philharmonia, Scotto, Kraus, Bruson, Walker (1980)

    CD 17-19 I VESPRI SICILIANI / Muti, Scala, Studer, Merritt, Zancanaro, Furlanetto (1990)

    CD 20-21 SIMON BOCCANEGRA / Santini, opéra Rome, Gobbi, Christoff, Los Angeles, Monachesi (1957)

    CD 22-23 UN BALLO IN MASCHERA / Muti, New Philharmonia, Domingo, Arroyo, Cappuccilli, Cossotto (1975)

    CD 24-26 LA FORZA DEL DESTINO / Muti, Scala, Freni, Domingo, Zancanaro, Zajic, Plishka, Bruscantini (1986)

    CD 27-29 DON CARLO / Giulini, Covent garden, Domingo, Caballé, Verrett, Milnes, Raimondi, Foiani, Estes (1970)

    CD 30-31 AIDA / Mehta, Nilsson, Corelli, Bumbry, Sereni (1967)

    CD 32-33 OTELLO / Karajan, orch.phil.Berlin, Vickers, Freni, Glossop, Van Dam, Malagu (1973)

    CD 34-35 FALSTAFF / Karajan, Philharmonia, Gobbi, Alva, Panerai, Ercolani, Zaccaria, Schwarzkopf, Moffo, Merriman, Barbieri (1956) 

    517yrdDeWRL._SL500_AA300_.jpg

  • LE CHEVALIER À LA ROSE / DER ROSENKAVALIER

    Au programme cette semaine des concerts de Nouvel An de l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège (www.oprl.be) dirigé par Christian Arming, Friedrich Gulda (son concerto pour violoncelle), Johann, Josef Strauss... et Richard Strauss, la grande suite du Chevalier à la rose.

    L'occasion de faire le point de la discographie de l'opéra, et des diverses suites orchestrales qui en ont été tirées.

    Pour ce qui est de l'opéra, il n'y a, pour moi, que deux versions jamais dépassées, en CD et en DVD.

    En CD, la justement légendaire version Karajan de 1956, avec une distribution de rêve : Elisabeth SCHWARZKOPF (la Maréchale), Christa LUDWIG (Octavian), Teresa STICH-RANDALL (Sophie), Eberhard WAECHTER (Faninal), Otto EDELMANN (le Baron Ochs)..

    51ukv0K-BIL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En DVD, deux versions dirigées par Carlos KLEIBER, mais pour la jubilation, les sonorités uniques du Philharmonique de Vienne chauffé à blanc, et la Maréchale de Felicity LOTT (qu'on a vue deux fois sur scène, au Châtelet et à Bastille), et Anne-Sofie von OTTER, et Barbara BONNEY, une nette préférence pour celui-ci :

    51NZKjjptZL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour les suites d'orchestre, le choix est plus complexe. Il faut d'abord distinguer les "suites de valses" de la "grande suite". Les premières reprennent, condensent les thèmes de valses qui parcourent toute la partition, et particulièrement celles du 2e acte. La "grande suite" est une sorte de résumé sans paroles de l'opéra.

    Pour les suites de valses, trois versions surclassent toutes les autres :

    - Rudolf KEMPE et la somptueuse Staatskapelle de DRESDE (EMI ou BRILLIANT)

    51uZ9Q9qQNL._SL500_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    - Fritz REINER et l'orchestre symphonique de CHICAGO (RCA)

    51p7O3iO0eL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Et, moins attendu, mais tout aussi somptueux, Eugen JOCHUM et le Concertgebouw d'Amsterdam (anc.PHILIPS, reparu en collection DGG/Eloquence):

    515RFH04jnL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour ce qui est de la "Grande suite", commençons par les versions à fuir, un "live" insupportable de lourdeur et de vulgarité de Lorin Maazel à New York (DGG téléchargement), un Georges Prêtre qui "rubatise", minaude tellement qu'on perd le fil de l'écoute avec l'orchestre de la SWR de Stuttgart (Hänssler). On aurait aimé citer Antal Dorati - qui a lui-même arrangé sa propre suite du Chevalier - mais la captation à Minneapolis d'un orchestre rugueux et sans charme ne rend pas justice à la partition.

    Trois belles versions retiennent l'attention pour cette suite de concert (celle que donnent Ch.Arming et l'OPRL), deux avec l'orchestre philharmonique de Vienne.

    - Christian THIELEMANN, Wiener Philharmoniker (DGG)

    51IHbxJY7oL._SL500_AA300_.jpg 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    - André PREVIN, Wiener Philharmoniker (DGG)

    61SE6R4JQ4L._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Enfin Eugene ORMANDY nous rappelle ce qu'il a fait de l'orchestre de Philadelphie qu'il a dirigé de 1938... à 1988 (SONY)

    51iXI6rlBsL._SL500_AA300_.jpg

  • LE TOP 10 DES CONCERTS DE NOUVEL AN

    Après la déception unanime de l'édition 2013 du concert de Nouvel An de Vienne, ma sélection des meilleurs des concerts du 1er janvier avec les Wiener Philharmoniker (j'en ai la collection complète depuis 1979 !).

    Dans l'ordre de mes préférences :

    Carlos KLEIBER bien sûr, insurpassé, en 1989 et 1992 :

    51rrgGGF01L._SL500_AA300_.jpg

    51%2BVsn6AfzL._SL500_AA300_.jpg












    51Ktx8PLXVL._SL500_AA300_.jpg
















    Decca a republié le dernier concert de Nouvel An de Willy BOSKOVSKY en 1979, un modèle de style authentiquement viennois :

    61UpzCd4CEL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    À partir de 1980, c'est surtout Lorin MAAZEL, très irrégulier selon les années, et Claudio ABBADO, qui seront à la manoeuvre. L'édition 1988 avec les Petits Chanteurs de Vienne est à retenir.

    61JeRTy3hNL.jpg 51XjxxJa1wL._SL500_AA300_.jpgPour Maazel, on privilégiera les compilations réalisées par Deutsche Grammophon, de préférence aux éditions ultérieures (dans les années 90) parues sous étiquettes RCA

    L'édition 1987 fait figure d'événement puisque c'est le seul concert de Nouvel An dirigé par un Herbert von KARAJAN miné par la maladie, d'autant plus émouvant et lumineux dans un répertoire qu'il a toujours chéri, avec un orchestre à sa dévotion.

    41EDBpMDVaL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    61fMuTDGXcL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On aime beaucoup l'élégance, la souplesse... très viennoises, et l'originalité du répertoire, des éditions conduites par Riccardo MUTI en 1993, 1997, 2000 et 2004 :

    61N418LtyoL._SL500_AA300_.jpg

    51JTWXXB03L._SL500_AA300_.jpg

    51lcv2S2l3L._SL500_AA300_.jpg














    510AQuON1uL._SL500_AA300_.jpg














    On prêtera aussi une oreille attentive, même si le chef n'évite pas toujours une certaine lourdeur, voire une complaisance dans le son généreux des Viennois, à Nicolas HARNONCOURT en 2001 et 2003 :

    51J2nP1g3-L._SL500_AA300_.jpg

    51v5h9EwdoL._SL500_AA300_.jpg

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Comme Lorin MAAZEL, Zubin MEHTA a été plusieurs fois abonné aux concerts de Nouvel An, sans atteindre toujours les sommets d'inspiration. 

    Mais il faut reconnaître, à regret, que, depuis Muti en 2004, nous n'avons plus jamais eu de concert vraiment mémorable, avec des erreurs manifestes de casting (Ozawa, Jansons, Barenboim, Welser-Moest). On accordera le bénéfice... de l'âge à Georges PRETRE (en 2008 et 2010). Je trouve personnellement ses minauderies, ses coquetteries rythmiques (des rubatos qui n'en finissent pas) insupportables, mais le public viennois adore (Prêtre a été le chef adulé des Wiener Symphoniker).

    61Etm6eoxfL._SL500_AA300_.jpg

    51LvXjnIlIL._SL500_AA300_.jpg