• SVETLANOV EN MAJESTÉ

     

    On n'a pas fini d'apprécier le talent de l'un des chefs les plus originaux du XXème siècle, le Russe Evgueni Svetlanov (1928-2002). Physique d'apparatchik soviétique, il n'a jamais eu, en Occident, l'aura d'un Kondrachine ou d'un Mravinski. Et pourtant il a laissé un prodigieux legs discographique - il avait l'ambition d'enregistrer toute la musique symphonique russe et il y est presque parvenu ! - L'essentiel a déjà été réédité notamment dans le cadre d'une Svetlanov Edition (Warner).

    Pour l'heure je retiens deux coffrets particulièrement intéressants. Le premier est la réédition de versions majeures des trois grands ballets de Tchaikovski (Melodia) Casse-Noisette, Le lac des cygnes, La belle au bois dormant.

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    Un souffle, une poésie qui ont peu d'équivalents.

    Scribendum (http://www.silveroakmusic.com/silveroak.html) propose un coffret de 20 CD regroupant des enregistrements déjà parus séparément sous ce label ou d'autres étiquettes, avec des références et des raretés dans le répertoire de Svetlanov, qui avait une curiosité sans limite. Qu'on en juge :

    BEETHOVEN : Symphonies 3 et 5

    BRAHMS : Symphonies (4)

    BRUCKNER : Symphonie n°8

    CHOSTAKOVITCH : Symphonie n°7 (deux versions studio et live 1978)

    DVORAK : Symphonie n°9

    ELGAR : Sea Pictures / Symphonie n°2

    FRANCK : Symphonie

    KHRENNIKOV : Symphonies 1-3

    MOSSOLOV : Fonderies d'acier

    RACHMANINOV : Symphonie n°2

    RESPIGHI : Les pins de Rome / Les fontaines de Rome / Fêtes romaines

    SAINT-SAENS : Symphonie n°3 "avec orgue"

    STRAVINSKY : Le sacre du printemps

    TCHAIKOVSKI : Symphonies (6) / Francesca da Rimini / La tempête / Roméo et Juliette / Ouverture 1812 / Marche slave / Sérénade pour cordes / Capriccio italien


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  • Le Roi Art(h)ur

    Il n'aimait pas qu'on mît un "h" à son prénom, orthographié à la polonaise. Son pays natal. Artur RUBINSTEIN est sans doute l'artiste qui m'a vraiment donné le goût de la musique dans mes jeunes années. Par ses mémoires, le film que Reichenbach lui a consacré en 1970, et bien sûr ses interprétations souvent inégalées de Chopin et de tant d'autres.

    Aujourd'hui SONY/RCA publie un somptueux coffret de 144 CD et DVD, présenté comme The complete album collection.

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    Certes on a cédé à la mode des pochettes d'origine (et donc de disques très courts), mais l'ensemble est tellement exceptionnel et à un prix des plus raisonnables (moins de 200 euros !) qu'on ne va pas bouder son plaisir.

    Un très bel ouvrage richement illustré de beaucoup de documents personnels, le détail complet des lieux, circonstances et dates d'enregistrement. Evidemment plusieurs doublons, ce qui permet de mesurer à la fois la permanence et l'évolution de l'art du pianiste. 

    Artur Rubinstein reste un modèle absolu de "naturel" - si tant est que cette notion ait un sens en musique - qui est à la fois respect de la partition et liberté souveraine des phrasés et des nuances. Pour Chopin, il demeure insurpassé. 

    C'est seulement sur le tard que Rubinstein s'est laissé convaincre d'enregistrer les chefs-d'oeuvre de la musique de chambre avec piano. Que d'émotion dans les Beethoven, Brahms et Schubert gravés avec Szeryng et Fournier, quelle splendeur dans les Mozart, Fauré, Dvorak, Brahms, Schumann captés avec les tout jeunes Guarneri, parfois d'une traite ! 

    De précieux inédits aussi, 3 CD d'extraits de récitals donnés au Carnegie Hall en 1961. Son dernier récital en et pour Israël. 

    Le plus beau des cadeaux de cette fin d'année !