• BACH AU PIANO

    Depuis des décennies, on nous présente les interprétations de Bach par Glenn Gould comme le nec plus ultra. Son éditeur (CBS puis SONY) ne sait plus comment "rhabiller" ce précieux fond de catalogue. Dernier avatar en date ce coffret :

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    Personnellement je n'ai jamais supporté ce jeu proche d'une machine à écrire, prétendument "objectif". 

    D'autres pianistes se sont risqués à enregistrer Bach sur un piano moderne, avec des bonheurs divers.

    On mettra en tête de liste la regrettée Tatiana Nikolaieva, l'une des rares Russes à s'être intéressée avec autant d'imagination que de talent à ce corpus formidable, notamment les deux livres du Clavier bien tempéré

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    Je ne partage pas du tout l'enthousiasme d'une certaine critique pour les Bach de Sviatoslav Richter, pourtant génial et immense interprète. Son intégrale du Clavier bien tempéré, maintes fois rééditée, est de surcroît très mal enregistrée.

    En revanche, même si les moyens techniques ne sont plus ce qu'ils étaient, les Bach que Wilhelm Kempff a gravés au soir de sa vie sont pure poésie.

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    On n'a pas très envie de recommander l'intégrale du pianiste hongrois Andras Schiff, qui, tout à l'opposé de Glenn Gould, donne un Bach hyper-sophistiqué, presque romantique, manquant toujours de naturel et de simplicité.

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    Mais voici que le label néerlandais V.O.I.D. rassemble en un coffret de 20 CD à petit prix les gravures réalisées par le pianiste Ivo Janssen depuis une dizaine d'années et qui sont, en tous points, admirables. J'avais déjà signalé l'extraordinaire - pour moi la plus réussie - intégrale du Clavier bien tempéré, et lu avec plaisir que la critique française, anglaise et allemande avait partagé la même passion pour cet artiste qui est loin d'avoir la notoriété qu'il mérite.

    Une occasion à saisir absolument si l'on veut goûter l'oeuvre de Bach écrite pour le clavier !

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  • DANSES SYMPHONIQUES

    Je rebondis sur l'article que Jean-Marc Onkelinx consacre aux Danses Symphoniques de Rachmaninov sur son blog : http://jmomusique.skynetblogs.be/ .

    Dernier opus du pianiste/compositeur, cette symphonie qui ne dit pas son nom, en trois "mouvements", est un chef-d'oeuvre, d'une redoutable difficulté en concert. 

    La discographie de ces "Danses Symphoniques" est aujourd'hui relativement abondante, mais peu d'interprètes ont su traduire toutes les facettes de l'oeuvre. En tête de liste, les indétrônables Kondrachine et Jansons.

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    (Sur ce CD Melodia, une autre version de référence d'un autre chef-d'oeuvre de Rachmaninov Les Cloches)

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    Juste après, on placera Svetlanov et Temirkanov.

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    Pour ce qui est de la jeune génération, les Vladmir Jurowski, Vassily Petrenko ou Tugan Sokhiev, ils passent malheureusement à côté des aspects tragiques de l'oeuvre : il suffit de comparer le début de la 2e Danse, une sorte de valse lente, qui s'ouvre sur une terrible sonnerie de trompettes. Qui doit être tout sauf jolie et propre : ce doit être grinçant, glaçant. Comme le fait Kondrachine.

    On citera encore, mais pas au même niveau, les versions d'Ashkenazy (et du somptueux Concertgebouw d'Amsterdam) et d'Ormandy, l'interprète historique de Rachmaninov.

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    En dehors de ces versions orchestrales, il faut absolument écouter l'extraordinaire version pour 2 pianos due à Martha Argerich et Nelson Freire, captée "live" lors d'un récent festival de Salzbourg.

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    Et pour montrer, si besoin, qu'il n'y a pas de frontière entre les genres musicaux, on jettera une oreille à la délicieuse Night Waltz de cet autre chef-d'oeuvre qu'est la comédie musicale de Stephen Sondheim A little night music.

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    J'ignore si Sondheim s'est inspiré, consciemment ou non, de Rachmaninov, mais les parentés sont évidentes.