• MOZART DIVERTIMENTI K.136/138

    Dans la production "salzbourgeoise" de Mozart, trois petites perles ont toujours suscité mon admiration: toute la virtuosité, le plaisir de l'envolée mélodique, du jeune Wolfgang se trouvent dans ses trois Divertimenti pour cordes portant les numéros de Koechel 136, 137 et 138.

    Pas si évident que ça de bien réussir ces mini-symphonies.

    Première référence, lumineuse et classique, la première version de Neville MARRINER et de son Academy of St Martin in the Fields (DECCA)

    Mozart: Eine kleine Nachtmusik; Serenata notturna; Divertimenti, K. 136-138

    Autre version à part, un peu délirante même, celle de Karajan qui veut, à tout prix, prouver que ses 50 cordes berlinoises sont capables de tout, et de tempi insensés. C'est bluffant et cela rappelle quel éminent mozartien fut Karajan dans ses premières années (disponible sous plusieurs pochettes, dont un double DGG)

    Mozart: Divertimenti - Herbert von Karajan/BPO

    Mais la version la plus réussie - phrasés, instruments, tempi - est, pour moi, sans conteste, celle de Ton Koopman et de ses Amsterdam baroque players (WARNER/APEX ou ERATO)

    Mozart: Divertimenti K.136-138, K.251

     

     

  • BEETHOVEN MACKERRAS

    La séance d'écoute comparée, organisée hier soir à la Salle Philharmonique de LIège, de la 5e symphonie de Beethoven, a consacré la prééminence d'un grand chef, malheureusement trop méconnu sur le Continent, Charles Mackerras.

    Il a gravé, entre 1992 et 1997, une intégrale des symphonies de Beethoven, avec l'orchestre de Liverpool, et c'est, écoute après écoute, une réussite exemplaire. Tous les enseignements, sans les tics ou les rigidités, des "baroqueux", une énergie, une vitalité toutes beethovéniennes, et un orchestre magnifique.

    The Nine Symphonies

    HYPERION a publié, il y a quelques mois, une autre intégrale, captée en concert, des symphonies de Beethoven, avec Mackerras et son fidèle orchestre de chambre d'Ecosse. Très haut niveau, mais pas tout à fait la même réussite qu'avec Liverpool

     

     

     

  • JOSEPH KEILBERTH (1908-1968)

    Le centenaire de la naissance (et le quarantième anniversaire de sa mort) de Joseph Keilberth a été complètement éclipsé par celui de Karajan. Et pourtant c'est loin, très loin d'être un chef de second rayon, trop tôt disparu.

    Plusieurs rééditions viennent le confirmer.

    Wagner: Der Ring des Nibelungen

    L'un des plus beaux Ring ce Wagner enregistré live en stéréo à Bayreuth en 1955.

    EMI vient de republier l'une des plus belles versions du Freischütz de Weber, avec la merveilleuse Elisabeth Grümmer, et un Philharmonique de Berlin en très grande forme (enr.1959)

    Weber: Der Freischutz

    Redécouvert aussi une exceptionnelle 8e de Bruckner (ORFEO) avec l'orchestre de la Radio de Cologne (WDR)

    Bruckner: Symphony No. 8

    Et WARNER semble vouloir rééditer plusieurs enregistrements parus sous étiquette TELDEC.

  • GRIEG CHEZ LUI

    Avec un an de retard sur le centenaire de la mort du compositeur norvégien, BIS publie l'intégrale de l'oeuvre orchestrale d'Edvard Grieg. Intégrale très complète, puisque comprenant les oeuvres vocales, et la totalité de la musique de scène de Peer Gynt.

    Grieg: The Complete Orchestral Music

    Particularité de ce coffret: c'est l'excellent orchestre philharmonique de la ville natale de Grieg, Bergen, qui en est le maître d'oeuvre, sous la baguette d'un chef encore trop peu connu en dehors de la Scandinavie, Ole Kristian Ruud.

     

  • HOMMAGE A VERNON HANDLEY

    Grand chef britannique, trop peu connu hors du Royaume-Uni, Vernon Handley est décédé hier, à 77 ans. Il a laissé un nombre important d'enregistrements de très haute qualité dans son répertoire d'élection. J'en relève deux en particulier :

    Vaughan Williams: The Nine Symphonies; Job (Box Set)

    Une superbe intégrale des symphonies de VAUGHAN WILLIAMS (mort en 1958) parue chez EMI/Classics for pleasure.

    Bantock: Orchestral Music

    Et une musique délicieusement kitsch, mais somptueuse sur le plan orchestral, celle de Granville BANTOCK, que Vernon Handley a complètement réhabilitée. A écouter d'urgence comme on déguste un dessert un peu trop sucré !

     

  • QUATRE DERNIERS LIEDER

    Puisqu'on est dans le chant, restons-y pour une discographie très personnelle de l'ultime chef-d'oeuvre de Richard Strauss, les Vier letzte Lieder.

    DECCA annonce une nouvelle version avec la belle Renée Fleming accompagnée par Christian Thielemann et ses Münchner Philharmoniker. Critique très mitigée dans la presse anglaise, et à l'écoute sur ITunes, vive déception. La voix peine et force dans l'aigu et l'orchestre est lointain et banal. La première version de R. Fleming avec Eschenbach et Houston (RCA) est bien meilleure.

    J'ai acheté, écouté beaucoup de versions. J'en reviens toujours à Gundula Janowitz, sublimement accompagnée par Karajan et Berlin d'une part

    Strauss: Four Last Songs / Karajan, Berlin Philharmonic Orchestra

    Ou à Elisabeth SCHWARZKOPF, non moins parfaitement accompagnée par George Szell aux commandes de l'orchestre de la Radio de Berlin. On feint de trouver Schwarzkopf trop sophistiquée, moi j'en redemande.

    Strauss: Four Last Songs/12 Orchestral Songs

    Et les autres mélodies avec orchestre valent le même détour !

     

     

     

  • Météores

    Au cours de mon récent voyage en Suisse, j'ai trouvé des rééditions bienvenues en doubles CD d'interprètes qui avaient depuis longtemps déserté les catalogues.

    Par exemple, un double DECCA consacré à des récitals gravés par Maria Chiara, un nom aujourd'hui complètement oublié de la scène lyrique.

    DeCca Recitals (Dig)

    Photo garantie d'époque! Maria Chiara fait sensation à partir de 1965 dans des rôles dramatiques jusqu'alors tenus par Callas. On la surnommera d'ailleurs... la nouvelle Callas. Et - pour quelles raisons? - sa carrière ne durera que quelques années.

    Même phénomène "météorique" pour Anita Cerquetti.

    Anita Cerquetti: Grandi Voci, Operatic Arias

    Là encore photo garantie d'époque !! Sublime récital gravé en 1959/1960, à vous donner des frissons du début à la fin. Un enregistrement officiel de la Gioconda (Decca)

    Ponchielli: La Gioconda

    Et maints "pirates" dont une inoubliable Norma captée à Rome, lorsque Cerquetti dut remplacer Callas.

    Plus près de nous, on se souvient d'une Alexia Cousin, qui, à 18 ans, en 1998 remportait le concours "Voix nouvelles", qui incarnait une Mélisande bouleversante avec Louis Langrée à Genève en 2000, inaugurait le règne du même L.Langrée comme directeur musical de l'OPL en septembre 2001 avec le Poème de l'amour et de la mer de Chausson et Shéhérazade de Ravel, qu'on a vue triompher dans Manon à l'Opéra Bastille ou dans Juliette de Martinu à Garnier. Et qui a brusquement décidé, à 25 ans, d'interrompre sa carrière de chanteuse. Un disque était en préparation (avec l'OPL et Langrée)... qui ne verra jamais le jour...

  • Les Nuits de Susan

    La récente tournée de l'OPL en Amérique du Sud nous a donné cette chance d'avoir Susan Graham comme soliste de 5 concerts...dans les Nuits d'été de Berlioz. Une diction du français parfaite (à en remontrer à bien des cantatrices francophones !), une beauté de la voix, du timbre, épousant parfaitement les raffinements et les audaces de la musique de Berlioz.

    A réécouter donc l'enregistrement que Susan Graham a réalisé de ces Nuits en 1997 avec John Nelson et l'orchestre du Covent Garden

    Susan Graham ~ Berlioz - Les nuits d'été

    A écouter aussi son interprétation de La Mort de Cléopâtre, qui vient de sortir chez EMI, sous la direction de Simon Rattle avec le philharmonique de Berlin (couplée avec une Symphonie fantastique pour le moins décevante).

    Guetter aussi la sortie annoncée cet automne, sous label ONYX, d'un récital de mélodies françaises peu connues sous le titre "Un frisson français". Susan Graham, qui a eu la délicatesse de me dédicacer ce disque, y est impériale avec Malcolm Martineau au piano (c'est lui qui a composé le programme de ce disque).

  • LES ANNEES BRENDEL

    Au moment où le grand Alfred Brendel fait sa tournée d'adieux, BRILLIANT Classics réédite un précieux coffret de tous les enregistrements réalisés par le pianiste autrichien pour les labels VOX ou TURNABOUT dans les années 50/60.

    His Vanguard & Vox-Turnabout Recordings 1958-1970

    Un coffret de 35 CD pour moins de 60 €, c'est une aubaine dont il ne faut pas se priver. Et une boîte aux trésors: la première intégrale des sonates de Beethoven, moins "parfaite" que les deux Philips, mais plus viennoise, plus "gemütlich", des Schubert exceptionnels, des raretés aussi, Chopin ou Liszt, remarquables. Et des concertos de Mozart et Beethoven d'une spontanéité, d'une luminosité que Brendel ne retrouvera plus.

    Un gros bémol cependant, la qualité très inégale des prises de son (pourtant à la fin des années 50 et au début des années 60, c'était pour tous les grands éditeurs, la période d'or de la prise de son) et/ou des repiquages... Un bruit de fond qu'on aurait pu, dû éliminer.