• ANCERL CENTENAIRE

    Le centenaire de Karajan a éclipsé ceux d'autres très grands chefs, Joseph Keilberth (j'y reviendrai) ou Karel Ancerl.

    A propos d'Ancerl, une anecdote terrible, qui en dit long sur certaines moeurs musicales françaises: le plus grand chef tchèque vivant fuit son pays à l'automne 1968, à la suite des événements que l'on sait. Il se réfugie à Paris. L'Orchestre de Paris vient de perdre brutalement son chef fondateur Charles Munch. D'aucuns pensent évidemment à Ancerl, qui est là, disponible, à l'apogée de son talent. "Pas assez connu" rétorqueront les officiels qui décident...d'inviter Karajan !

    Ancerl quittera donc la France, qui n'a pas été capable de le retenir et trouvera à Toronto son dernier port d'attache. Il y mourra en 1973.

    Tous les enregistrements d'Ancerl méritent d'être réécoutés. Bartok, Stravinsky, les Tchèques bien sûr, mais aussi Brahms et Mahler

    Ancerl Gold Edition 33: MAHLER Symphony No. 9Karel Ancerl

    Ancerl Gold Edition 32: STRAVINSKY Les Noces; Cantata, MassAncerl Gold Edition 39: SHOSTAKOVICH Symphonies Nos. 1 & 5

  • EIN SOMMERNACHTSTRAUM

    La musique de scène de Mendelssohn pour Le songe d'une nuit d'été est de circonstance en ces premiers jours de l'été. C'est un absolu chef-d'oeuvre pas si fréquent au disque. Quelques belles versions à recommander :

     

    Mendelssohn : Le Songe d'une nuit d'été

    Klemperer (EMI) reste un grand classique, transparent, aérien à souhait.

    le songe d'une nuit d'été (ein sommernachtstraum-a midsummer night's dream)

    Moins fréquemment citée, la très belle version de Günther Herbig (Berlin classics) est chantée en allemand.

    Mendelssohn : A Midsummernight'S

    Masur avec l'orchestre fondé par Mendelssohn (le Gewandhaus de Leipzig) est évidemment "généalogique".

    MENDELSSOHN : Le Songe d'une nuit d'été / WEBER : Ouvertures d'Obéron & du Freischütz

    Admirateur de Kubelik, je mentionne sa version du Songe (DGG) mais je ne la tiens pas pour une grande réussite de ce grand chef

  • FOIRE AU DISQUE CLASSIQUE

    Avis aux amateurs: ce soir à la Salle philharmonique de Liège, à l'occasion du concert - gratuit - de l'OPL pour la Fête de la Musique, on pourra faire de bonnes affaires. Comme chaque année, une foire aux disques classiques est organisée, et je sais que l'offre sera abondante, variée, avec pas mal de raretés.

    Qu'on se le dise...c'est ouvert dès 19 h !

  • L'ART D'ARTURO BENEDETTI MICHELANGELI

    Figure légendaire et mystérieuse du piano au XX° siècle, Arturo Benedetti-Michelangeli continue de fasciner ses collègues pianistes comme les auditeurs de toutes générations.

    Deux coffrets regroupent désormais son legs discographique "officiel".

    Arturo Benedetti Michelangeli

    Un beau coffret DGG pour la période 1970-1990, avec une mention spéciale pour des Chopin (une 1ere Ballade, quelques mazurkas) et des Debussy insurpassables.

    Icon: Arturo Benedetti Michelangeli

    Et un coffret de 4CD chez EMI regroupant des enregistrements plus anciens, notamment les légendaires concertos de Ravel (sol majeur) et Rachmaninov (n°4), mais aussi des Mozart et des Haydn pas très "authentiques" mais intéressants.

  • RECOMPENSE POUR L'OPL

    L'OPL et Pascal Rophé ont été récompensés hier soir par les Octaves de la musique pour leur très beau disque, enregistré avec Olivier Latry sur les grandes orgues rénovées de la Salle philharmonique de Liège.

     

    S'il y a plusieurs versions américaines de la symphonie concertante de Jongen, il n'y avait curieusement plus aucune version disponible d'interprètes belges. Et la 3e symphonie de Saint-Saëns est aussi une des meilleures du marché. C'est aussi un éditeur belge courageux - Cyprès - qui est honoré par cette distinction, et c'est très bien ainsi 

  • CHRISTIAN FERRAS

    Il y a aujourd'hui quantité de violonistes exceptionnels (Repin, Vengerov, Hahn, Mutter, Faust...) mais tous se ressemblent peu ou prou. Quand on réécoute Christian Ferras, on entend une sonorité unique, à fleur d'archet, un vibrato serré, un violon lumineux. Absolument unique.

    Il faut en priorité écouter ses premiers enregistrements pour DECCA et en stéréo pour EMI. Les fameux disques de concertos avec Karajan sont bien sûr très beaux, mais un peu plombés par la lourdeur - incompréhensible - de la direction du chef (dans Beethoven ou Brahms par exemple).

    Les Introuvables de Christian FerrasFrench Violin Masterpieces : Chausson Poéme, Ravel Tzigane, Debussy Fauré sonatesBeethoven : Sonates pour violon / Sonates pour violoncelle (Coffret 5 CD)

    The Great Violin ConcertosSonates romantiques

    Avec Pierre Barbizet, son complice de toujours, il a signé les références absolues des sonates de Lekeu et de Franck, mais aussi Schumann et Brahms (DGG), et surtout les dix sonates piano/violon de Beethoven (EMI)

     

  • DVORAK PAR LES TCHEQUES

     

    Dvorak est un compositeur universel, et sa musique n'est pas réservée qu'aux seuls interprètes tchèques loin s'en faut. Toutefois, on apprécie de retrouver dans un coffret de 4 CD, édité par SUPRAPHON, les trois quintettes et le sextuor à cordes par les Panocha, les deux quatuors et deux quintettes avec piano autour du trio Suk. Ces grands artistes chantent dans leur arbre généalogique une musique gorgée de sève et de mélancolie.

     

     

     

     

     

  • MILHAUD ET LIEGE

    Scaramouche - Concertos

    Petit coup de pub pour le dernier-né de l'OPL: quatre oeuvres concertantes de Darius Milhaud, qui respirent la joie de vivre et révèlent l'inspiration foisonnante du compositeur français disparu en 1974. L'Orchestre est dirigé par Paul Meyer, qui reprend son instrument pour le superbe - et très rare au disque ! - concerto pour clarinette, créé par Benny Goodman. Eric Le Sage s'amuse comme un fou dans le Carnaval d'Aix, Geert Verschraegen, soliste de l'OPL, montre toute sa virtuosité dans le concerto pour batterie, tandis que Fabrice Moretti et son saxophone font swinguer Scaramouche (RCA).

    Petit problème, SONY/BMG n'a plus de distribution en Belgique. Il faut souhaiter que les FNAC importent ce CD, sinon conseiller aux lecteurs belges de ce blog d'aller sur des sites de vente par correspondance (comme amazon.fr) pour se procurer ce disque tout à fait de circonstance pour fêter l'été.

  • MOZART ET ABBADO

     Mozart Symphonies (Bril)

    5 Violin Concertos/Sinfonia Concertante (Bril)

     

    A l'occasion des 75 ans de Claudio Abbado, DGG publie deux albums Mozart captés "sur le vif" ces derniers mois. On ne peut s'empêcher d'y voir une sorte de testament de la part d'un chef qui lutte depuis des années contre un cancer. Un Mozart lumineux, décanté, plus chantant que jamais, enregistré avec un orchestre de jeunes. Comme un retour aux sources...

    D'une part, les symphonies 29,33,35,39,41 (les 33 et 39 étant des premières au disque pour Abbado), d'autre part les concertos pour violon et la symphonie concertante avec le grand Giuliano Carmignola.

     

  • WAYNE MARSHALL

    Cela fait un moment que j'ai repéré le talent multiple - pianiste, organiste, chef d'orchestre - de Wayne Marshall. Maintenant que je l'ai entendu en "live" dans la fosse de l'Opéra Comique à Paris diriger superbement Porgy and Bess, un point sur sa discographie, à recommander sans modération !

    Gershwin: Works for Piano and Orchestra

    La meilleure "intégrale" piano-orchestre de Gershwin (VIRGIN), tout l'esprit improvisateur de Gershwin.

    Wayne Marshall: A Gershwin Songbook: Preludes and Improvisations on Songs by Geroge Gershwin

    Splendide Songbook  Gershwin au piano

    Wayne Marshall Plays Organ

    A ne pas manquer un double CD décoiffant d'oeuvres d'orgue spectaculaires et de transcriptions..qui ne le sont pas moins !

  • LE ROI ARTUR

     Artur Rubenstein in Concert

    Artur sans "h", il y tenait ! Formidable le DVD que vient de publier DGG, qui met en scène Rubinstein quasi nonagénaire, enregistré au Concertgebouw d'Amsterdam avec Bernard Haitink fin août 1993.

    Une des plus belles versions que je connaisse du 3e concerto de Beethoven, la pureté du chant, la noblesse du récit, une ardeur juvénile aussi, et une technique toujours au service de la musique. Haitink et ses musiciens exceptionnels.

    Au même niveau, même si le Roi Artur peine un peu plus, le premier concerto de Brahms qui a toujours été à son répertoire. Et en bonus une conversation entre Robert McNeil et le délicieux vieil homme

  • NOTES INTERDITES

     

     Notes Interdites

     

    ARTE et IDEALE AUDIENCE ont publié il y a quelques semaines un coffret de 2 DVD de documentaires de Bruno Monsaingeon.

    Le premier constitue un portrait saisissant de la vie musicale en Russie pendant la période soviétique, avec des documents inédits, passionnants, qui remettent bien des pendules à l'heure (la compromission avérée de Prokofiev avec le régime stalinien, la terreur qui se devine dans le visage torturé et le débit hoquetant de Chostakovitch prononçant un discours officiel, la tranquille assurance de Khrennikov, tout-puissant président de l'Union des Compositeurs de 1948...à 1998 ("je ne m'occupais pas de politique"!!).

    L'autre est aussi un portrait, savoureux, fouillé, du plus grand chef russe encore vivant de la grande époque, Guennadi Rojdestvenski.

  • LA GRANDE DUCHESSE

    A peu près seul moment à sauver du concert des lauréats du concours Reine Elisabeth de chant, hier soir à la Salle philharmonique de Liège, le fameux air "Ah que j'aime les militaires" de La Grande Duchesse de Gérolstein d'Offenbach. Isabelle Druet a fait la preuve de ses dons de comédienne, de la qualité de sa diction française et de la chaleur de son timbre.

    Offenbach: La Grande Duchesse de Gerolstein [Australia]

    La meilleure "Grande Duchesse" reste, à tout jamais, Régine Crespin, soit dans l'intégrale dirigée par Michel Plasson (SONY), mais assez mal enregistrée, soit dans les extraits parus chez DECCA

    La Grande-Duchesse de Gérolstein / Act 1 - "Vous aimez le danger...Ah! que j'aime les militaires!"

    Ce double récital d'airs d'opéra et d'opérette français est exceptionnel.

    La Grande Duchess de Gerolstein, Acte I: No 3a: Entree de la Grande Duchesse - Récit accompagné 'Vouz aimez le danger...' (Duchesse)

    Pour une version moderne du chef-d'oeuvre d'Offenbach, on se tournera bien sûr vers la prestation ébouriffante de notre chère Felicity Lott, parfaitement entourée et accompagnée par Marc Minkowski (Virgin)

    Offenbach - La Grande-Duchesse de Gerolstein / Lott, Piau, Beuron, Le Roux, Les Musiciens du Louvre, Minkowski (Theatre du Chatelet)

  • LA MODERNITE D'ERNEST ANSERMET

    Clin d'oeil à mon vieux complice, François Hudry, créateur de l'émission "Disques en lice" sur la chaîne Espace 2 de la Radio suisse romande, aujourdhui responsable de l'excellent programme Vivace de Radio-France, qui m'a fait découvrir un personnage considérable de la musique du XX° siècle, Ernest Ansermet. Il lui a d'ailleurs consacré un livre (Ernest Ansermet, pionnier de la musique, 1983 Ed.de l'Aire) malheureusement introuvable aujourd'hui... sauf dans les bonnes bibliothèques.

    C'est des antipodes que vient la bonne nouvelle, puisque la collection Eloquence Australia a déjà commencé la publication en CD de nombre d'enregistrements légendaires d'Ansermet. J'ai déjà commandé (et reçu) les 2e et 4e symphonies (+Tapiola) de Sibelius, la Faust-symphonie, les Légendes et la Bataille des Huns de Liszt, un double CD d'extraits de ballets qu'Ansermet dirigeait quand il était le chef...des Ballets russes, la 3e symphonie de Magnard, bref que des enregistrements "oubliés" par Decca dans le beau coffret publié il y a deux ans.

    Ernest Ansermet: Decca Recordings 1953-1967

     Un site pour acheter tous ces trésors, encore indisponibles en Europe :

    www.buywell.com

  • HAYDN HARNONCOURT

    La seule discographie des symphonies de Haydn mériterait nombre de billets. Il y a globalement peu d'échecs et beaucoup de très bonnes versions.

    Autant je n'aime pas toujours ce qu'il fait dans Mozart, autant je trouve Harnoncourt à son aise et à sa place dans Haydn. Question d'affinités sans doute.

    Haydn: Symphonies 68, 93-104

    Warner a eu la bonne idée de rééditer en deux coffrets super-éco les symphonies de Haydn qu'Harnoncourt a gravées avec le Concertgebouw d'Amsterdam ou le Concentus musicus Wien. Rien n'est à jeter.

     

  • L'OPL EN TELECHARGEMENT

    J'ai appris hier fortuitement que tout le catalogue du label belge Cyprès est désormais disponible au téléchargement sur IStore... mais seulement le site français !!

    N'empêche qu'on peut ainsi retrouver des disques de l'OPL qui ne sont plus disponibles dans le commerce.

    Cello Concerto

    Par exemple le beau disque tout Lalo, un couplage inédit, avec la Symphonie en sol mineur, l'ouverture du Roi d'Ys, et le concerto pour violoncelle, avec le tout jeune David Cohen, Jean-Pierre Haeck et l'OPL

    Et bien sûr les plus récentes parutions, comme les concertos de Mozart et Weber avec Jean-Luc Votano et Louis Langrée, ou les symphonies avec orgue de Jongen et Saint-Saëns avec Olivier Latry et Pascal Rophé.

     

  • POEMES SYMPHONIQUES DE REGER

    Pour des raisons incompréhensibles, le compositeur Max Reger (1874-1916) passe pour un épigone austère de Bach. Les poèmes symphoniques de la fin de sa vie sont pourtant tout sauf austères ou "germaniques". J'avais fait jouer il y a quelques années les quatre poèmes symphoniques sur des tableaux de Böcklin (dont la fameuse Ile des morts qui est aussi un chef-d'oeuvre de Rachmaninov). Pour ceux qui seraient rebutés par les séries de Variations, parfois un peu longues, sur des thèmes de Hiller, Beethoven ou Mozart, je leur conseille d'écouter Eine Ballett-Suite ou Eine romantische Suite.

    Magnifique coffret de 7 CD réuni par Berlin Classics, pour l'essentiel composé d'enregistrements du trop méconnu Heinz Rögner avec l'orchestre symphonique de la radio de Berlin-Est
    Reger: Böcklin Suite; Hiller Variations
    Sompteux disque dû à Neeme Järvi et au Concertgebouw d'Amsterdam, qui vient d'être réédité en double CD BRILLIANT CLASSICS (avec le Psaume 100 et les Variations Mozart dans l'honnête version de Valery Polianski
    Et pour ceux qui tomberaient dessus, une extraordinaire version des mêmes poèmes d'après Böcklin et de la Suite romantique par Hans Schmidt-Isserstedt et l'orchestre de la radio (NDR) de Hambourg (Acanta)